désordres
J’ai été élevé par mon Père et Chateaubriand, ensuite, Christiane Rochefort et Françoise Mallet Joris leur ont donné un coup de main ; Prévert a enlevé les poussières du tableau
traces anciennes ou plus fraîches
déjà conséquences et pourtant causes
L’été se souviendra de ces empreintes
Courir
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Courir l’impossible buisson
d’insondables collines
dévalées
jusqu’au ruisseau
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Trop
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Trop tôt pour la vieillesse
poursuivre une enfance inachevée
pour ne jamais finir adulte
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Nuage
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Un nuage est passé
d’un blanc léger sur fond trop bleu
bouffée d’air
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M’asseoir
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De l’eau pour nager
de l’air pour voler
sur la terre allongé
un banc
m’asseoir
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Liberté
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Il n’y a que prisonner de tes bras que je suis libre
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Mer
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Traverser une mer quelqu’en soit la couleur
que deux vagues m’enfouissent avant la côte vue
grain de sable à la recherche de son huître perlière
la sortir de moi pour ne pas m’y noyer
ou me noyer en elle pour y dormir en paix
naître en fin
c’est à la fin qu’on est
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Train d’enfer
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un quai de gare
j’aurais dû m’en douter
j’aurais pas dû y’aller
j’ai failli y rester
deux ans que j’attendais
ce train déjà repart
à trois marches montées quatre j’en descendais
son pas semblait léger le mien s’engourdissait
ce n’était pas son sac qui me pesait le plus
ni la chaleur du soir qui me faisait son ombre
ombre perdue sur le béton il fallait s’en aller
aller la rechercher d’où l’on était parti
rentrer pour retrouver de nouveaux souvenirs pas encore achevés
rentrer sans se tourner
par des voix détournées allonger le chemin
rouler pour retenir les rires évaporés
du retour prolonger le départ
quelqu’une qui laisse un vide c’est un vide à remplir
un vide de trop plein
de brouillards de buées de points en suspension
s’en imprégner l’essence
sans agiter un vent d’oubli
s’en retrouver mouillé plus de deux jours durant
rester dans ces nuages
cirrus d’espoirs indéfinis
creux de ventre orageux tremblant de renaissances
arriver c’est en face, partir c’est dos tourné
on voit surtout partir en restant sur le quai
il va falloir demain
porter en plus ce passé
laisser flotter l’empreinte
l’accrocher aux buissons
l’étaler dans l’allée des doutes apaisés
l’écouter ruisseler vers d’autres pages vierges
arriver c’est finir
partir c’est commencer
immobile
être
et rêver encore un instant
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Pas
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Que chaque jour tes pas
tracent sur mon chemin
notre histoire de demain
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Théâtre
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Le théâtre de la vie pouvait commencer
la vie allait s’approprier le lieu
je la regarderai faire en m’apprêtant au jeu
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Matin
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Ce matin un nuage a fondu jusqu’au sol
La pluie s’est étendue par terre
A s’en dissoudre
Et la terre engrossée a gonflé
Libérant les ruisseaux
Qui comme tous les enfants
Iront se rassembler
Sur la plage
Jusqu’au prochain coup de vent
Au loin, longtemps sur une mer un homme rame
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File
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Le soleil file à l’ombre
qui aussitôt s’enfuit
sous l’aile de l’oiseau
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Episode
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Non ce n’est pas mon pèlerinage
juste un voyage dans ma vie
l’épisode qu’il te manquait
quand déjà je te cherchais
Je veux te présenter mes amis
Katia Mme de Gaulle et Erika
et tous ces mecs brisés aux yeux qui brillent encore
te montrer mon décor à l’endroit et l’envers
te faire entendre
ces musiques et ces fumées
qui m’ont fait aimer la bière
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Comptes
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De mille neuf cent cinquante à demain
Entre deux ou trois heures et enfant et demi
Entre une heure et quart et adulte moins le quart
Le jour 1 de ma vie, j’avais 16 ans et elle aussi
Perdu une autre femme de 30 ans à 29
Perdu mon 1e chien à 7
Perdu mon père à 75 et moi 40
Perdu 9 dents en même temps, 1 œil après et vu brûler mon toit avant
C’est ça la sagesse gamin, savoir compter !
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Dimanche 22 décembre
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La petite enfant du siècle est partie aujourd’hui
chercher sa liberté
Pourquoi lutter encore et lutter contre quoi avec qui
quand déjà fatigué un peu usé aussi d’avoir trop essayé
il faut se relever encore
rester couché demain ou partir debout
ce soir
As-tu crié trop fort que je n’ai pu entendre
ou tes mots dans ma nuit se sont-ils évanouis
J’avais pensé pourtant que ton rap et mon blues
voleraient plus longtemps sur la même chanson
Encore une autre fois je vais faire des promesses
de ne rien me cacher pour pouvoir tout lui dire
tant qu’il est encore temps
avant que la nuit vienne la mienne ou bien la sienne
Demain il va neiger
et ton ombre enfin
va pouvoir éclairer un peu mieux le chemin
le chemin que demain j’essaierais d’allonger un peu pour moi
peut-être
Adieu petite si tu veux t’en aller
avant d’avoir trop froid
avant que l’interdit te ride un peu la peau
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Habitude
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Du rêve tu es devenue habitude
et m’imprégnant de toi au fil du temps
je suis devenu autre
dont une part ne me fait plus peur
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Soleil
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Le soleil a vu qu’il pleuvait
alors il est resté couché
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La mort du père
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Le sol devenait moins stable sous les pieds en même temps que le ciel se dégageait comme pour me faire sentir qu’il n’y avait plus de branche où s’accrocher
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Ombre
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Bonjour
Huit jours déjà
C’est long huit jours
Et un jour neuf arrive
J’voulais juste te dire
Et puis je me suis tu
J’voulais juste savoir
Quand tu la reverras
Et tu as parlé d’autre chose
Je m’suis laissé aller
A rêver t’écouter dans son ombre
Quand je m‘suis réveillé
J’t’ai trouvée allongée
Dans mes bras écartés
Cherchant à l’enlacer
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Nuage
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Il coulait de ses yeux un air du nord trop frais
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Somme
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On s’endormait l’un contre l’autre
Ma main à la place de la tienne
La tienne à la place de la mienne
Après, je ne me souviens plus
Je ne me souviens que des rêves
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Exhibition
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Afficher les étoiles des autres
Pour oublier mon désespoir
Pour me faire laide et nue jusqu’à en être vraie
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Prendre
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je s’rais poussière au coin d’ton œil
je s’rais gravier dans ta chaussure
je s’rais cailloux sur ton chemin
toujours présent au fond d’ta poche
niché dans le creux de ta main
bien abrité des vents contraires
et réchauffé de ta chaleur





